Le DTU 40.5 encadre la mise en œuvre des travaux d’évacuation des eaux pluviales : gouttières et chéneaux métalliques, tuyaux de descente extérieure. Il correspond à la norme NF P 36-201, dans sa version de novembre 1993, complétée par l’amendement A1 de décembre 1997. Il s’adresse aux couvreurs, zingueurs, architectes, maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage qui veulent savoir ce qui doit être posé, comment, et jusqu’où le texte s’applique.
Ce que désigne le DTU 40.5 et à quoi il sert
Une référence de mise en œuvre, pas un simple conseil
DTU signifie « document technique unifié ». Celui-ci fixe les règles de l’art pour poser les systèmes d’évacuation d’eaux pluviales sur les couvertures de bâtiments, en France métropolitaine. Il remplace l’ancienne norme NF P 30-201 de janvier 1948. Sa valeur tient surtout à son rôle de référence commune : lorsqu’un marché de travaux le cite, le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre et l’entreprise disposent d’un même point d’appui pour juger de la qualité d’une pose.

Norme, DTU et amendement : ne pas tout confondre
Le DTU 40.5 porte la référence NF P 36-201. L’amendement A1 (référencé XP 36-201/A1) vient modifier le texte initial et, selon Batiactu, supprime notamment les références à l’amiante. Les sources divergent sur la composition exacte du document : certaines évoquent une seule partie, d’autres une organisation en CCT (cahier des clauses techniques), CGM (guide de choix des matériaux) et CCS (cahier des clauses spéciales). Pour trancher, seul le texte officiel de l’AFNOR ou du CSTB fait foi.
Ouvrages couverts, ouvrages exclus
Le périmètre est précis, et c’est souvent là que naissent les erreurs. Le tableau ci-dessous résume la répartition.
| Ouvrage | Relève du DTU 40.5 ? | Remarque |
|---|---|---|
| Gouttières métalliques | Oui | Zinc, cuivre, acier inoxydable, fonte ou acier |
| Chéneaux métalliques | Oui | Hors cas d’exclusion ci-dessous |
| Tuyaux de descente extérieure | Oui | Posés à l’extérieur du bâtiment |
| Gouttières et descentes en PVC | Non | Relèvent de la NF P 41-212 |
| Descentes intérieures | Non | Relèvent de la NF P 52-305 |
| Chéneaux métalliques autoportants associés aux couvertures en plaques | Non | Exclus du domaine d’application |
| Chéneaux associés aux toitures avec revêtement d’étanchéité | Non | Exclus du domaine d’application |
Retenez la logique : le DTU 40.5 traite du métal et de l’extérieur. Dès que le matériau change (PVC) ou que l’ouvrage passe à l’intérieur du bâti, il faut se tourner vers une autre référence.
Dimensionner : un renvoi au DTU 60.11
Le DTU 40.5 ne contient pas lui-même les règles de calcul. Il renvoie au DTU 60.11 pour déterminer les sections des gouttières, chéneaux et descentes. Le résumé publié par Batiactu mentionne un débit maximal de 3 l/m²/min et un taux de remplissage de 0,20 pour les descentes.
Le principal paramètre est la surface de toiture, mesurée en projection horizontale : plus elle est grande, plus la section d’écoulement doit l’être. Un sous-dimensionnement se traduit par un écoulement trop lent, des débordements, voire une introduction d’eau par les rives. Ce volet mérite donc d’être traité avant le choix des profils, et non après.
Poser gouttières et chéneaux : pente, supports et trop-pleins
Pente et fixations
La pente minimale est de 5 mm par mètre. Elle guide l’eau vers les descentes et évite les stagnations. Pour les supports, les crochets sont espacés d’au plus 50 cm pour plusieurs types de gouttières ; pour les gouttières à l’anglaise, Batirama indique un maximum de 40 cm. Un entraxe plus large laisse la gouttière fléchir sous le poids de l’eau, et la pente réelle n’est plus celle du plan.
Assemblages, dilatation et compatibilité des métaux
Les jonctions peuvent se faire par soudure, rivetage ou collage selon le matériau, avec un ressaut minimal de 5 cm pour certains assemblages. Le métal se dilate avec la chaleur : le texte impose de prévoir des joints de dilatation et de tenir compte de la longueur des tronçons. Il faut aussi vérifier la compatibilité chimique entre métaux en contact, car certaines associations favorisent la corrosion de l’un des deux.
Le trop-plein, la sécurité du chéneau
Tout chéneau doit comporter un orifice de trop-plein. Pensez-y comme à une soupape : quand une descente s’obstrue sous un orage ou un amas de feuilles, l’eau doit avoir un chemin de sortie prévu, visible et côté extérieur, plutôt que de trouver le sien par la rive ou le mur intérieur. Un trop-plein bien placé a aussi un rôle d’alerte, puisqu’un écoulement à cet endroit signale que le réseau est saturé ou bouché, avant que des dégâts ne se produisent.
Descentes extérieures : distance, colliers et protections
La descente doit rester séparée de la façade d’au moins 2 cm, ce qui évite le contact direct avec le mur et laisse l’air circuler. Les tuyaux se raccordent par emboîtement, avec des colliers en tête des éléments. L’espacement général entre colliers ne dépasse pas 2 m, avec des valeurs propres à certains matériaux : 2,70 m pour la fonte et 2,50 m pour le cuivre.
Deux dispositifs complètent l’ouvrage :
- la crapaudine, placée là où l’obstruction est à craindre (feuilles, mousses) ;
- la protection basse, par dauphin ou fourreau métallique, contre les chocs en partie accessible.
Obligatoire ou non, et où trouver le texte
Un DTU n’est pas une loi. Il devient contraignant lorsque le marché de travaux le mentionne, et il sert de base d’appréciation en cas de litige ou pour les assureurs. S’écarter de ses prescriptions reste possible, mais il faut alors pouvoir justifier la solution retenue.
Pour le chantier, une checklist de réception reprend l’essentiel : pente de 5 mm/m, entraxe des crochets, trop-plein présent, descente à 2 cm de la façade, emboîtements orientés, colliers espacés correctement, crapaudines et protections basses en place. Cet article est un résumé : il ne remplace pas le texte complet, disponible à l’achat auprès de l’AFNOR ou du CSTB sous la référence NF P 36-201 avec son additif (PagesJaunes indique environ 30 € HT).
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